vendredi, 28 juillet 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

La première grande extinction

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Posté par fabrice
 

- 440 millions d’années

Trois petits pas et puis s’en vont


Il est probable que, parmi les 30 milliards d’espèces ayant vécu sur Terre depuis l’explosion du Cambrien, il y a 530 millions d’années, 99,9 % ont été éradiqués. Vous noterez que nous figurons dans le club très fermé des 0,01% de survivants.

Parmi les raisons de cette hécatombe, on va évidemment trouver les extinctions massives. La Terre en a connu cinq (et beaucoup plus de moindre importance) ; cinq grandes extinctions qui ont détruit jusqu’à 95 % des espèces (440 millions d’années, 360 MA, 250 MA, 210 MA, 65 MA). La plus célèbre d’entre elles, celle survenue il y a 65 millions d’années, a mis un terme, comme chacun sait, au règne des dinosaures.

Une redistribution des cartes

La toute première extinction de masse remonte, quant à elle, à 440 millions d’années. Elle provoque la disparition de nombreuses familles d’animaux marins issues de la « faune de Burgess »[1]. Avant l’extinction, il n’était pas question pour la vie de pointer le « bout de son nez » en dehors des océans. Après, plantes puis animaux vont dépasser cette ligne bleue pour une aventure tout terrain.

La morale de l’histoire : ces catastrophes naturelles, que l’on attribue souvent à des collisions de météorites, se révèlent être, en fait, une chance pour l’évolution de la vie. A chaque fois, on assiste à un sursaut d’inventivité. Preuve en est, la catastrophe, qui élimina les dinosaures, profitera aux mammifères

La grande extinction du permien : – 250 millions d’années

Toutefois, le risque est à la hauteur des gains potentiels : à chaque épisode cataclysmique, la biodiversité plonge vers des minima dangereux. De ce point de vue, la plus destructrice fut la troisième extinction, celle de la fin du Permien, vers 250 millions d’années. 96 % des espèces marines et probablement autant des animaux terrestres disparaissent. De multiples facteurs concourent à ce drame de l’évolution : le rassemblement des continents en un supercontinent, la Pangée qui s’étend d’un pôle à l’autre, réduisant d’autant l’espace vital des animaux marins, des éruptions gigantesques de lave en Sibérie, une baisse du niveau des mers.

D’ailleurs, d’une manière générale, les scientifiques ont constaté qu’à chacune des extinctions coïncide une baisse très sensible du niveau des mers.

Une comédie inhumaine !

Leakey Lewin, un paléoanthropologue de renommée internationale, compare l’histoire de la vie a une pièce de théâtre où, après chaque entracte, la distribution est complètement changée. Certains personnages disparaissent ou passent de rôles majeurs à des seconds rôles, et vice versa.

Malgré ces accidents de la vie récurrents, la biodiversité ne cesse de progresser et atteint probablement actuellement son plus haut niveau.

Avec l’entrée en scène de l’homme est-ce le champ du cygne ? On sait qu’une espèce animale a une espérance de vie d’environ 3 à 4 millions d’années. Le processus naturel élimine donc 1 à 2 espèces par million par an. L’homme a pris les choses en main : désormais, on assiste à 500, voire 1000 extinctions d’espèces par an sur un million !

Sommes-nous à l’aube de la sixième extinction ?


Pour la petite histoire

La première fois qu’une théorie formalise le principe d’extinctions massives date de 1796 [2]. C’est au français Georges Cuvier que revient la paternité de cette idée nouvelle et même totalement saugrenue pour l’époque. Elle figure dans son célèbre mémoire « Les espèces d’éléphants fossiles comparées aux espèces vivantes ». Selon Cuvier, la Terre connait régulièrement des cataclysmes  qui peuvent parfois anéantir des groupes entiers d’espèces vivantes.

Évidement, cette hypothèse n’était pas du goût des religieux -donc de la grande majorité des gens-, car elle venait contrecarrer l’idée d’un monde parfaitement ordonné et immuable, où chaque être avait un rôle à jouer, selon les desseins de Dieu.

Cette théorie révolutionnaire, fut précédée par une découverte, une dizaine d’années auparavant. En 1787, en effet, un étrange fémur est retrouvé dans le New Jersey. D’une taille incompatible avec les espèces connues et vivantes, on crût, à l’époque, à un canular. Il s’agissait, en fait, du tout premier fossile de dinosaure trouvé, un hadrosaure, un gros dinosaure à bec de canard. Il fallut ensuite attendre un demi-siècle pour que l’on re-découvre les dinosaures, cette fois officiellement.

Fossile de dinosaure, théorie d’extinctions des espèces, le monde des « morts-vivants » donnant un nouveau sens à l’évolution faisait son entrée en scène.

Publié le 20 juillet 2011

1 – La faune dite de Burgess (vers – 525 millions d’années) correspond à l’apparition de la vie moderne, avec la mise en place de tous les grands embranchements du monde animal.
2 – Une histoire de tout, ou presque… – Bill Bryson – Ed. Payot & Rivages – 2011


A voir pour mieux comprendre :


A lire pour aller plus loin :

- « Tu as mauvaise mine. Que se passe-t-il ? »
- « Je ne me sens pas très bien, répond la planète blanche. J’ai attrapé une maladie : l’humanité. »
- « L’humanité ? Oh, ne t’inquiète pas. Je l’ai déjà eue, ça part tout seul… »
Cette histoire, Hubert Reeves la raconte de plus en plus souvent. Moins pour faire sourire que pour nous inciter à réfléchir sur les conséquences de nos actes. L’astrophysicien franco-canadien prévient : « Si nous ne faisons rien, notre espèce est menacée de disparition. » L’Homme sera peut-être la victime de la sixième extinction.

  • La sixieme extinction – evolution et catastrophes, de Leakey / Lewin. L’histoire de la Terre est ponctuée d’extinctions de masse qui, par cinq fois, ont détruit jusqu’à 95% des espèces vivantes. Au moment où la croissance de la population et l’exploitation frénétique des ressources naturelles risquent de provoquer la sixième extinction de masse, les deux auteurs nous rappellent que l’aptitude proprement humaine à admirer la nature devrait avoir pour corollaire le souci d’en protéger la diversité, fruit de quatre milliards d’années.
  • Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, de Jared Diamond. La question : « Comment des sociétés ont-elles disparu dans le passé ? » peut aussi se formuler : « Au rythme actuel de la croissance démographique, et particulièrement de l’augmentation des besoins économiques, de santé et en énergie, les sociétés contemporaines pourront-elles survivre demain ? » La réponse se formule à partir d’un tour du monde dans l’espace et dans le temps.



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2 commentaires

  1. Alain Pavé a écrit,

    Une expérience personnelle :

    Cette question me préoccupe depuis de nombreuses années. Avec Robert Barbault et dans le cadre du CNRS, nous avons lancé un programme de recherche interdisciplinaire à ce sujet dès 1993. Nous étions en 1990 à la conférence de Rio. En 2006, à propos de la conférence de Paris j’ai écrit un article ou je mentionnais cette hypothétique grande extinction, presque comme un fait acquis. Depuis, j’ai de plus en plus de doutes sur les résultats annoncés, le dernier article largement relayé par la grande presse ne fait que réitérer un discours tenu par les signataires depuis longtemps, il m’apparaît plus militant que scientifique.

    Ceballos G., Ehrlich P. R., Barnosky A.D., Garcia A., Pringle R. M., Palmer, T. M., Science Advance, 2015 : http://advances.sciencemag.org/content/advances/1/5/e1400253.full.pdf

    Sans entrer dans les détails on peut rappeler que l’un des signataires (Paul Ehrlich), avait annoncé début dans les années 1980 que 50% des espèces auraient disparu en 2000. Rien de tel ne s’est passé. Les autres sont des habitués de ce thème, des sortes de prédicateurs de l’Apocalypse, ou du moins du désastre qui précède cette renaissance.

    Étant un « biométricien modélisateur », j’ai relevé dans ces discours de nombreuses erreurs méthodologiques et simplement logiques. Bien d’autres arguments encore m’ont fait douter. La question de la biodiversité est suffisamment importante pour ne pas être traitée aussi légèrement. Pour finir et pour ne pas lasser le lecteur, je signale que si extinction il y a c’est sans doute plus que la 6e en tout cas au moins 7e, car celle de la fin de la radiation d’Ediacara est toujours ignorée ! :-D

    Posté le 13 août, 2015 à 23 h 02 min

  2. oovoo a écrit,

    Aujourd’hui, la planète bleue subit sa sixième grande extinction.

    Des experts américains des universités de Stanford, Princeton et Berkeley s’accordent sur la question. Leur étude publiée il y a quelques jours dans le journal Science Advances « montre sans aucun doute notable que nous entrons dans la sixième grande extinction de masse« , explique Paul Ehrlich, professeur de biologie à Stanford. Et si vous vous posiez la question, oui, les humains feront très certainement partie des espèces qui disparaîtront…

    Posté le 25 juin, 2015 à 8 h 45 min

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