jeudi, 09 février 2012

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Archive pour: septembre, 2005

La toute première exoplanète

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Posté par fabrice
 

6 octobre 1995

Terra Incognita !

 

Les planètes Kepler 20 évoluent plus proche de leur étoile que Mercure du Soleil

« Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, on peut se dire : « ça y est, on est capable de détecter une Terre autour d’une étoile. C’est même la première fois que l’on passe la barrière du plus petit que la Terre ».  Ce constat enthousiaste est exprimé par François Fressin (1),  astronome français de 33 ans, expatrié aux Etats-Unis et co-auteur d’un article publié dans la revue scientifique  Nature le 20 décembre 2011.  Il annonce la découverte de 2 planètes extrasolaires, qui pour la première fois, sont de taille similaire à la Terre (87 % et 103 %)  : Kepler-20e et Kepler-20f.

Ces planètes évoluent à environ 1000 années-lumières de nous autour d’un soleil un peu moins massif et lumineux que le notre. Si ces  »Terres » ressemblent par leur dimension à notre Terre, en revanche, elles sont loin d’être aussi hospitalières car beaucoup trop près de leur étoile comme le montre l’illustration ci-contre. La température à la surface serait de plusieurs centaines de degrés celsius !

La quête du Graal astronomique,  visant à découvrir une planète jumelle de la Terre ou abritant la vie, a connu un événement fondateur.

Première découverte d’une planète hors de notre système solaire

Tout a commencé il y a plus de 15 ans. En ce début d’automne 95, pour les adeptes d’une vie possible ailleurs dans l’univers et pour bons nombres de scientifiques, cela sent plutôt le printemps. Un printemps radieux qui apporte un rayon de soleil au firmament de nos esprits trop souvent « terre à terre ».

Pour la première fois de mémoire d’homme, nous disposons d’une preuve irréfutable de l’existence d’une planète en dehors de notre système solaire. Ce que les scientifiques nomment : une exoplanète. Cette toute première localisation d’une planète orbitant autour de l’étoile 51-Pégase[2] ouvre d’énormes perspectives. La vie ailleurs dans l’univers devient possible et peut-être même probable !

Raison gardée

Restons prudent. Sur cette première planète extrasolaire, on y implanterait pas un Club-med, ne fut-ce qu’arborant un seul trident. Avec sa constitution gazeuse et sa taille, elle ressemble davantage à Jupiter qu’à la Terre. Caresser l’idée d’y trouver une forme quelconque de vie est totalement illusoire.

12 ans plus tard une autre découverte relance le débat. Nous sommes en Avril 2007 et, cette fois le printemps n’est pas que dans les esprits. La toute première exoplanète offrant un véritable air de ressemblance avec la Terre est observée. Autrement dit potentiellement habitable d’où le qualificatif de « planète de type terrestre habitable ».

Cette planète se situe à 20,5 années-lumière. Elle évolue autour d’une étoile dite naine rouge Gliese 581 dans la constellation de la Balance. Les conditions pourraient être favorables à la vie : température comparable à celle de la Terre, entre 0°C et 40°C, une masse faible comparativement aux autres exoplanètes découvertes, 5 fois celle de la Terre et une gravité un peu plus de 2 fois celle que l’on subit.

Pour l’équipe de l’observatoire de La Silla au Chili à l’origine de cette observation d’une portée majeure, cela constitue « un grand pas dans la quête de la vie dans l’univers »[A]. Pas d’emballement toutefois, car les conditions sont assez différentes du système solaire, avec une étoile sensiblement moins lumineuse que notre Soleil. Conséquence, la « zone habitable » où se situe l’exoplanète oblige à une plus grande proximité avec l’étoile ce qui entraîne une période de révolution bien moindre que chez nous. Qu’à cela ne tienne, la quête va se poursuivre.

La Terre a une sœur presque jumelle !

A l’automne 2011, les choses deviennent sérieuses : la Nasa, grâce aux observations de la sonde américaine Kepler, confirme l’existence d’une planète habitable similaire à la Terre répondant aux critères d’apparition de la vie. Ce qui n’est pas le cas des autres palnètes Kepler 20e et 20f, évoquées en début d’article, qui bien que de taille comparable à celle de la Terre ne sont pas habitables.

Système de Kepler 22

 

Cette planète, située dans une zone habitable, est baptisée Kepler 22 B. Elle est située à 600 années-lumière de la Terre et fait une révolution autour de son étoile en 290 jours. D’une taille de 2,4 fois celle de la Terre, elle a pu garder son atmosphère contrairement à une planète comme Mars. Selon la Nasa, la température au sol pourrait avoisiner les 22° C, un vrai petit paradis ! Seul hic, c’est que nous ignorons si elle est constituée de roches, de gaz ou de liquide.

Avec cette découverte, le nombre de planète potentiellement habitable est porté à 3(3), mais les candidates sont bien plus nombreuses parmi un vivier de plus de 500 exoplanètes recensées officiellement en novembre 2011.

Métrodore, disciple d’Epicure avait finalement vu juste en affirmant : « Il est aussi absurde de concevoir un champ de blé avec une seule tige qu’un monde unique dans le vaste univers ».

 

Publié le 21 décembre 2011


1 – Cité dans le Blog « Passeur de Sciences » de Pierre Barthélémy, journaliste scientifique; article «Première découverte d’une autre Terre», du 20 décembre 2011 
2 -Cette découverte, que l’on doit aux Suisses Michel Mayor et Didier Queloz, a été menée par l’observatoire de Haute Provence. Bien avant, Le 10 novembre 1981, des astronomes repèrent dans le système Bêta Pictoris (à 66 années-lumière) des anomalies qu’ils vont attribuer, en termes d’hypothèses car sans véritable image, à un système planétaire en formation.   
3 –  les deux autres planètes sont HD 85512B et Gliese 581 d.

Sources :
[A] Annonce faite le 25 avril 2007 dans la revue Astronomy and Astrophysics, rapporté par Wikininews. 
Sommes nous seuls dans l’univers – Jean. Heidmann, Alfred Vidal-Madjar, Nicolas Prantzos, Hubert Reeves – Ed. Fayard


A visionner pour mieux comprendre :

 


A lire pour aller plus loin :

  • Les Nouveaux Mondes du cosmos : à la découverte des exoplanètes, de Michel Mayor, directeur de l’observatoire de Genève, découvreur de la première planète extrasolaire en 1995 (51 Pegasi b) et de bien d’autres depuis.

    La science des planètes extrasolaires est en plein essor. L’existence d’une possible vie extraterrestre explique sans doute cet engouement. La découverte des planètes extrasolaires est une occasion unique de s’interroger sur les diverses théories qui tentent d’expliquer la formation des systèmes solaires. De la longue et lente quête des planètes de notre système solaire, à la mise au point des subtiles techniques modernes d’observation des planètes d’autres systèmes stellaires et aux vertigineuses perspectives de formes de vie ailleurs dans l’univers, l’histoire est ici contée par l’un des acteurs majeurs de cette aventure scientifique exceptionnelle.

  • Les planètes : Les nôtres et les autres ; De la Terre aux Exoplanètes, de Thérèse Encrenaz, directrice de recherche au CNRS.

    Qu’est-ce qu’une planète? La réponse semble aller de soi ; pourtant, la définition des planètes n’a cessé d’évoluer au cours des siècles et leur nombre a fluctué au fil des découvertes successives. En 2006, la décision prise par l’Union Astronomique Internationale de retirer à Pluton le titre de « planète » a bien souligné les difficultés de leur définition. La découverte récente de plusieurs centaines d’ « exoplanètes » autour d’étoiles de notre galaxie proches du Soleil ouvre une dimension supplémentaire et spectaculaire à la recherche en astrophysique. Nous savons actuellement très peu de choses sur la nature physique des exoplanètes. En revanche, nos connaissances sur les planètes du système solaire se sont accumulées au cours des dernières décennies, notamment grâce à leur exploration spatiale. Cet ouvrage se propose d’abord de caractériser ces dernières, à la fois dans leur globalité et dans leur spécificité. Il utilise ensuite ces connaissances pour tenter d’imaginer la nature des exoplanètes à partir des quelques paramètres dont nous disposons. Avec en tête la question d’une éventuelle vie extraterrestre : celle-ci pourrait-elle exister ou avoir existé dans le système solaire ou au-delà ?
    Thérèse Encrenaz travaille au Laboratoire d’Etudes Spatiales et Instrumentales en Astrophysique (LESIA) à l’Observatoire de Paris. Elle est spécialiste de l’étude des atmosphères planétaires et a participé à de nombreuses missions spatiales.

La toute première épidémie numérique

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2 septembre 1988

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D’ ram…en ligne


Tout a commencé le 2 novembre 1988. Nous sommes au beau milieu de l’automne, or la saison n’est pas assez avancée pour une épidémie de grippe saisonnière. Pourtant, le monde va connaître bel et bien une épidémie;  une épidémie d’un genre totalement nouveau : la toute première épidémie non biologique, le virus informatique proliférant grâce à internet.

L’appellation de virus n’est pas usurpée car, à l’instar de son cousin biologique, le virus informatique utilise un hôte, en l’occurrence l’ordinateur, qu’il infecte pour se reproduire. Et si l’on évoque la notion d’épidémie, c’est qu’il se répand comme une traînée de poudre via le réseau internet balbutiant.

Ce virus se révèle très contagieux, presque autant que le virus grippal H1N1 ! Il va infecter 6 000 ordinateurs [1] sur les 60 000 environ que compte alors internet (moins de 100 000 internautes).

Ce jour là l’humanité rentre dans une phase totalement inédite de son évolution : pour la toute première fois, elle engendre un instrument autonome dont elle perd tout contrôle.

Un virus qui n’aurait pas fait de mal à une souris…

Robert Morris, le premier hacker malgré lui
Robert Morris, le premier hacker malgré lui

L’auteur de cette agression numérique « on-line » est un étudiant de l’Université de Cornell : Robert Morris Jr, baptisé par la suite Morris Worm. Son intention n’est pas malveillante. Féru d’informatique, il développe un programme capable de se propager et de se répliquer de manière autonome. Et cela indéfiniment. C’est ce que l’on appelle un ver. A cet effet, il exploite les failles de sécurité du système d’exploitation Unix (système d’exploitation très utilisé sur Internet notamment dans le domaine des serveurs).

Mais voilà, suite à une erreur de programmation, son programme comporte lui aussi une faille. Lorsque Morris lâche « sa créature » sur le réseau, celle-ci se répand à travers le réseau en se dupliquant à une vitesse folle. Bien que dépourvu de fonctions agressives, le ver  infecte une bonne partie des ordinateurs américains qui sont connectés au réseau qu’il va saturer. Non préparées à une telle intrusion totalement incongrue pour l’époque, ces machines se révèlent particulièrement vulnérables. En moins de 24 heures, le seuil de 3 ou 4 % de machines contaminées est atteint. Le réseau devient alors totalement paralysé pendant plusieurs jours. Nous venons d’assister à la toute première offensive numérique sur le réseau.

Le jeu du chat et de la souris.

Après l’attaque, l’heure est à la réparation des dégâts commis. Des experts notamment du MIT sont appelés à la rescousse. Ils vont jouer au chat et à la souris durant des semaines. Car, si la solution paraît simple dans son principe –il suffit d’éteindre simultanément tous les ordinateurs infectés-, elle se révèle néanmoins inapplicable pour des ordinateurs distants et en réseau. L’antidote passa donc par une analyse de « l’ADN » du virus, puis son recodage en vue d’un redéploiement sur le réseau. La situation fut débloquée qu’au bout de plusieurs semaines et pour un coût évalué entre 150 000 et 1 million de dollars.

Depuis cet incident de nombreuses mesures ont été prises : création d’une structure permanente le CERT Coordination Center (CERT/CC) et politique sécuritaire qui a ouvert un boulevard à  l’industrie de la sécurité sur Internet. Avec les millions d’ordinateurs connectés en permanence à travers le monde et les enjeux économiques, les sources d’agressions se sont multipliées.

Plus nombreux, plus sophistiqués, plus virulents que leurs ancêtres, les malwares, spywares et autres adwares procurent des sueurs froides aux internautes, donnent des cheveux blancs aux DSI et font les choux gras des dizaines de sociétés spécialisés dans l’antivirus. Le marché mondial de l’antivirus représentait 4 milliards de dollars, en 2005. On estime en effet à 100 000 environ le nombre de programmes malveillants (225 en 1990 et 2350 en 1993) mais « seuls » quelques milliers seraient en circulation et actifs [2].

Ram…dam dans les ordis dès 1982

« Il s’installera sur tous vos disques, il infiltrera tous vos processeurs, oui, c’est Cloner! »[3] Voici ceux qu’ont vu apparaître sur leurs écrans d’Apple II, à partir de juillet 1982, les toutes premières victimes ébahies de virus informatiques. Elk Cloner est probablement le tout premier virus informatique connu.

La différence avec celui de Morris cécrit plus haut tient au mode de transmission. Tandis que ce dernier s’appuie sur le réseau internet pour se propager, Elk Cloner utilise un vecteur non connecté, la disquette. La transmission est évidement moins rapide et moins étendue puisque dépendante du moyen de locomotion du porteur de la disquette infectée ! Il ne s’agit donc pas d’épidémie.

Son auteur, Richard Skrenta, un lycéen américain de 15 ans, va concevoir son propre « contrepoison » qui deviendra le tout premier antivirus numérique.

Tout cela était prévisible et, d’une certaine manière, prévu. Dès 1949, le célèbre physicien et mathématicien Von Neumann, l’un des fondateurs de l’informatique, conçoit une structure autoreproductible. Il s’agit d’automates cellulaires [4], connue sous le vocable de « constructeur universel ». Il ouvre la voie à un monde cybernétique capable de voler de ses propres ailes…et peut-être de faire battre de l’aile le genre humain.

Les pirates de l’ère…numérique

Même si le terme de virus informatique date officiellement de 1983, la pratique du piratage électronique est en réalité bien antérieure. Elle s’est nourrie de la montée en puissance des télécommunications et de l’informatique. Elle a profité des possibilités d’opérations illicites (appels gratuits) sur les réseaux téléphoniques. Pirates et auteurs de virus sont cousins germains. Ces protagonistes n’ont pas à l’origine les mêmes objectifs : cupidité pour les uns, recherche de performance technique pour les autres et pour les deux, la même volonté de voir ce qu’il a dans le moteur et de se faire mousser auprès de ses pôtes ou de ses pairs !

Le jeu Core War, inventé par des informaticiens des laboratoires Bell dans les années 60, en est une illustration ludique. Le jeu consiste, sans aucune intervention humaine, à un combat à mort entre 2 programmes informatiques implémentés dans deux ordinateurs. Chacun dispose de la faculté de se dupliquer et de s’autoréparer.

L'article publié par American Scientific, de A.K. Dewdney
L’article publié par American Scientific, de A.K. Dewdney

Cette application révolutionnaire sur le principe restera confidentielle durant près de 20 ans. Or, ironie de l’histoire, en 1984 (rappellez-vous 1984 d’Orwell) la revue grand-public Scientific Américan publia un article décrivant la méthodologie pour créer un programme s’inspirant de Core War. Ni plus, ni moins qu’un guide pour fabriquer ses propres virus. Par sécurité, son action se limitait à la mémoire vive (RAM) et devenait inopérant après le redémarrage de l’ordinateur.

Cette nouvelle fît grand bruit, car elle s’adressait pour la première fois à un public non averti. En devenant acteur, celui-ci s’aventurait tout doucement sur le chemin du piratage qui allait bouleverser l’économie dématérialisée. On connaît la…musique !

Une plaie économique

Pour la seule année 2008, « la criminalité informatique » aurait coûté, au niveau mondial, près de 760 milliards d’euros de préjudice aux entreprises [5]. Marché juteux où des informations relatives au code d’accès à une carte bancaire se revendent, au marché noir, plus de 700 euros. Notons néanmoins que le gros du butin des pirates informatiques ne provient pas de ces larcins liés aux cartes bancaires. A titre d’exemple, en 2007, leurs montants n’atteignaient pas en Belgique 300 000 euros.

Parallèlement à ces méthodes que l’on peut qualifier d’effraction immatérielle, se développe également une forme de rackettage  technologique vis à vis d’entreprises ayant une présence plus ou moins importante sur la web. Le mode opératoire est simple.  Soit l’entreprise paie une « rançon » ou achète une technologie, soit elle se voit la proie des cyberbrigands qui vont (si ce n’est déjà fait), s’inflitrer dans son réseau ou rendre son site inopérant. La vidéo en consultation à la fin de l’article évoque une entreprise victime de ces pratiques ayant perdu 20 000 euros de chiffres d’affaire en une semaine.

En marge de cette cybercriminalité organisée, il y a nos petits larcins quotidiens; autrement dit nos propres téléchargements. Au-delà des polémiques et si l’on se place  d’un point de vue purement économique, L’IPI (Institute for Policy Innovation) a publié en 2007 une évaluation du manque à gagner pour l’économie américaine du piratage de musique. Pour la première fois, ce coût est assorti d’une modération estimant que seuls 20% des titres téléchargés auraient été effectivement achetés.  Le montant s’élève à 12.5 milliards de dollars et correspond à plus de 70 000 emplois.

On estime qu’une réduction d’un tiers du taux de piratage informatique tout secteurs confondus injecterait 400 milliard de dollars dans l’économie mondiale et engendrerait un million cinq cents mille emplois supplémentaires à travers le monde[6].

On le voit,  virus et pirates (ou piratage) sont dans le même bateau. Un bateau qui sillonnent  les méandres du web, plaçant l’internaute dans une situation schizophrène où il apparaît autant victime que complice. « Alors, avant les virus, c’était comment le numérique ?  Tais-toi et ram… »

Les dates clés à retenir :

  • 1939 : Von Neumann publie un article sur la prise de contrôle d’un programme par un autre;
  • 15 février 1946 : premier « gros » ordinateurs, dit de 1ère génération;
  • 1949 : le même Von Neumann élabore les principes de base des logiciels autorepliqués;
  • 15 février 1946 : premier « gros » ordinateurs, dit de 1ère génération;
  • 1960 : apparition des boucles « auto-réplicantes », appelées « lièvres », incapable encore de sauter d’une machine à une autre;
  • 1960 (années)  : création du jeu Core War (ou Core Warrior), programme visant à bloquer l’ordinateur de son adversaire;
  • 1972 : Un utilitaire « the creeper » est capable de sauter d’une machine à l’autre; première utilisation du terme virus dans un ouvrage;
  • 1982 : Elk cloner, un programme d’autoréplication pour Apple II
  • 1984 : l’article « Computer recreations in the game call Core War hostile programs engage in a batle of bits » est un guide pour créer ses propres virus, publié par American Scientific et tranduit en français par le magazine Pour la Science;
  • 1988 : Robert Morris est arrêté pour fraude informatique pour le premier virus internet;
  • 1989: la France prend conscience du risque des virus informatiques;
  • 1995 : premiers virus macros destructeurs;
  • 1999 : le virus Mélissa infecte 300 000 ordianteurs;
  • 2000 : c’est le tour au virus I love you
  • 2003 : le virus MyDoom se répand par les pièces jointes de la messagerie : 1 million d’ordinateurs infectés. Microsoft offre une prime  à quiconque trouve son auteur.
    Publié le 15 septembre 2009

1 – ce chiffre varie de 2000 à 6000 selon les sources
2 – Sophos, éditeur de logiciel de sécurité avance le chiffre de 95 000, quand aux virus en circulation, les données sont fournies par la Wildlist organisation.
3 – It will get on all your disks, It will infiltrate your chips, Yes it’s Cloner!
4 -  Le jeu de la vie est le plus célèbre d’entre eux ; il a été conçu en 1970 par John Horton Conway en 1970
5 -  Étude de la société Mcaffe, spécialisée dans la sécurité informatique
6-  Etude commandée par la Business Software Alliance, en 2003

 


A consulter pour mieux comprendre :   


A voir, à lire et à installer pour aller plus loin avec votre ordinateur :    

  • Virus, troyens, dialers, pirates… Ces mots ne vous disent peut-être rien, mais ce sont de réels dangers pour votre ordinateur. Vous trouverez sur Inoculer.com de quoi en apprendre plus sur ces menaces et surtout de quoi vous en protéger gratuitement. Si ça c’est pas une bonne nouvelle !
  • Cybercriminalité : Les mafias envahissent le web – Les temps sont révolus où les menaces informatiques se limitaient aux virus créés par des étudiants isolés. Cet ouvrage est d’abord une mise en garde contre toutes les escroqueries qui menacent aujourd’hui tant les particuliers que les entreprises. Il vous fournira toutes les informations utiles sur le phishing, le spam, les virus, l’ingénierie sociale, les vols de données bancaires, l’espionnage industriel, la prise de contrôle de machines à distance, etc. Les derniers chapitres constituent un cri d’alerte sur les nouvelles formes de criminalité (voire de terrorisme) qui émergent aujourd’hui et vont se répandre sur le Net dans les prochaines années.

Le tout premier cyber-conflit

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Juin 2010

Le ver de la guerre

Lorsque le 29 novembre 2010, lors d’une conférence de Presse, le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad reconnaît que certaines « centrifugeuses » [utilisée pour enrichir de l'uranium dans le cadre de son programme nucléaire] ont connu « des problèmes » provoqués par des « logiciels installés sur des équipements électroniques », il fait entrer officiellement, et pour la toute première fois, le monde dans l’ère du cyber-conflit entre les Etats. Et cela risque de changer la face du monde et la manière de gérer la guerre.

« Gouverner, c’est détruire, détruire les parasites, détruire ses propres troupes, détruire l’ennemi », apprend-on dans l’Art de la Guerre, par Sun Tzu, le tout premier traité de stratégie militaire rédigé voici 2500 ans en Chine. A l’évidence, la stratégie n’a pas pris une ride, seuls les moyens changent.

Aujourd’hui, l’ennemi ne s’introduit plus en rampant comme un ver, comme cela s’est pratiqué depuis des millénaires, l’ennemi, c’est un ver. Un ver informatique. Un ver programmé pour s’insinuer dans nos équipements pas uniquement informatique, et c’est là la grande nouveauté, mais aussi électrique et donc mécanique et les détruire ou en prendre le contrôle. Pas virtuellement mais, bel et bien, physiquement.

C’est ce qui s’est passé, pour la toute première fois en grandeur réelle et avec succès, dans cette affaire iranienne.

Tout a commencé en juin 2010, lorsqu’une équipe Biélorusse découvre un cheval de Troie, le fameux ver informatique, qui sera baptisé Stuxnet. Le maliciel (logiciel malveillant) Stuxnet est très sophistiqué, 10 à 20 fois plus gros que les traditionnels virus informatiques. Plus gros, plus complexes et très gourmand en matière grise : il aurait mobilisé une équipe de développement d’une dizaine de personnes durant, peut-être, une année et son coût de « fabrication » est estimé à des dizaines de millions de dollars.

Plus fort encore, bien qu’une première version remonterait à 2009, il serait resté tapi dans l’ombre, c’est à dire discret, jusqu’au début de l’opération, ce qui est inhabituel. Bref, rien que du lourd.

Son mode opératoire et son objectif semblent très différents des virus habituels qui visent surtout à pirater des informations ou des comptes bancaires. Introduit via une clé USB, le ver est conçu pour prendre le contrôle de système d’automation électrique ultra ciblé en profitant d’une vulnérabilité de Windows.

En l’espèce, des moteurs électriques de la marque Siemens fonctionnant entre 807 et 1210 hertz; des moteurs présents notamment dans les centrifugeuses de l’usine iranienne Natanz. Une fois le contrôle pris, les moteurs deviennent fous et finissent par exploser. Au total, plusieurs milliers de machines auraient été « mise à pied », c’est à dire arrêtées, soit un cinquième des centrifugeuses iraniennes. Du jamais vu !

Depuis, Stuxnet aurait été identifié sur d’autres dispositifs Siemens situées ailleurs en Iran, comme dans la toute nouvelle centrale nucléaire de Busher,  mais aussi en Inde, au Pakistan et en Indonésie. Le maliciel pourrait ainsi pertuber le fonctionnement des automates industriels contrôlant le fonctionnement des oléoducs et d’autres installations sensibles pilotés par le même type d’équipement. 

A la question « Qui est derrière Stuxnet ? », probablement un état mais lequel ? Les Etats-Unis, Israël, la Russie… ? Dernièrement, le 16 janvier 2011, le New York Times a révélé que l’opération Stuxnet a été fomentée par les services de renseignement israéliens en collaboration avec les services américains. Suite aux déclarations d’experts militaires et des servives secrets,  le quotidien américain ajoute que le complexe nuclaire de Dimona, basé dans le désert du Néguev, région du sud d’Israël, a servi de site de tests avant le déploiement du virus sur le théatre des opérations iraniens.  

Stuxnet nous fait définitivement entrer dans l’ère du cyber-sabotage. Comme à chaque nouveau système d’armes majeur introduit depuis le lance-pierre, Stuxnet offre aux Etats de nouvelles perspectives et de nouvelles vulnérabilités.

A quand un « Pearl Harbor » numérique ?

Mis à jour le 23 janvier 2011

A visionner pour mieux comprendre (le 20 heures de France 2) :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La cyberguerre : La guerre numérique a commencé – Rédigé par un spécialiste des questions d’influence, cet ouvrage rend accessibles au plus grand nombre les tenants et les aboutissants de ces cyberguerres qui se déroulent sous les yeux de l’opinion publique mondiale. À lire, pour ne plus rien ignorer de la réalité de ce nouveau visage de la guerre économique, politique et militaire.

La première crise planétaire provoquée par des robots

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Posté par fabrice
 

 6 mai 2010  

 Un grain de silicium dans les marchés 

 

6 mai 2010, 14 h 32 : un courtier ordonne la vente de Contrats à Terme pour un montant de 4 milliards de dollars mais une erreur se glisse dans l’ordre, celui-ci ne comporte pas de prix de vente. En un clin d’oeil, toute la planète finance bascule dans une spirale infernale conduite à un train d’enfer par les robots traders.

 

Leurs algorythmes de plus en plus sophistiqués, fonctionnant à un rythme effréné, totalement hors de portée de l’esprit humain, enclenchant un effet domino dévastateur. Pour la toute première fois, en raison de l’exécution massive d’ordres de ventes automatiques, nous assistons à un krach éclair ou Flash Crash d’une ampleur inégalée que l’homme ne maîtrise pas

La panique envahit les salles de marché, alimentée par une vente en cascade que rien ne semble pouvoir stopper. Plus tard, les rapports de la SEC (organisme américain de réguluation des marchés financiers) constatera que certains titres ont changé 27000 fois de mains, en moins de 15 secondes. Facteur aggravant, la journée est marquée par la crise grecque qui pèse sur l’Euro, rendant les marchés particulièrement nerveux. 

A 14 h 44, tandis que le marché des actions de Wall Street vient d’entrer dans la tourmente, après celui des Futurs de Chicago d’où vient le tsunami, l’action Apple perd 23 dollars (-20 %) en 2 minutes, tandis que les cours du pétrole s’effondrent de 6% . 

A 14 h 45: Les ventes automatiques se poursuivent et en l’espace de quelques minutes, c’est près de 1000 milliards de dollars qui se sont envolés faisant plonger Wall Street de près 10 %. 

A 14 h 52 : La descente aux enfers est enrayée. Après 15 heures, les hommes reprennent le contrôle de la situation en mode « manuel », écartant les robots. Les autorités decideront d’annuler toutes les opérations effectuées entre 14 h 40 et 15 heures. Au terme de la journée, Wall Street aura perdu « seulement » 3,2 %. 

Des milliers d’ordres par seconde

Le coupable est identifié. Il s’appelle le « le Trading Haute Fréquence », ou THT ou encore Algotrading. Il s’agit d’une technique qui consiste, grâce à des algorythmes très complexes utilisant des ordinateurs hyperpuissants et des réseaux de plus en plus rapide, à profiter des micromouvements du marché. Tout se joue au niveau du millième de seconde; à ce stade le cerveau humain ne peut pas suivre. 

Cette méthode, qui représente 60 % des transactions sur le marché Actions aux Etats-Unis, plus de  25% en Europe, la moitié des ordres concernant les entreprises françaises du CAC 40 (le Royaume Uni serait à près de 70%), permet de dénicher les meilleurs cours. On estime qu’en 2009, ce principe est à l’origine d’au moins 20 milliards de dollars de profit. 

Les risques de l’AlgoTrading sont considérables comme on vient de le voir. Déjà, en 2002, il y avait eu un coup de semonce, sans parler du krack d’octobre 1987 qui avait été déjà aggravé par le trading informatique; toutefois, à l’époque, les transactions n’étaient pas aussi rapides qu’aujourd’hui. 

Au-delà de ces robots traders parfois en proie à la folie qui bouleversent le monde de la finance, c’est un nouveau monde que l’on voit émerger. Celui des robots qui peu à peu, à notre insu prennent le contrôle des choses, là où le cerveau humain est hors course. 

C’est ainsi que le 6 mai 2010, pour la toute première fois de notre histoire des robots ont, durant quelques minutes, pris le contrôle des opérations au niveau mondial au risque de provoquer une crise majeure…chez les humains. Ce scénario est loin d’être isolé et touche désormais d’autres types de transactions comme le marché des matières premières.  En mars 2010, les cours du cacao ont mystérieusement décroché de plus de 12 % en l’espace d’une minute.  

Nous devons nous rendre à l’évidence, pour la toute première fois, une erreur de portée planètaire, n’était pas humaine mais inhumaine

Ne faut-il pas un grain de folies pour s’en remettre aux grains de silicium des puces informatiques…au risque qu’un grain de sable grippe tout le système ?? 

Mise à jour : 26 novembre 2011


Les cordons -électroniques- de la bourse

En août 2010, ouvre le nouveau centre de données du New York Stock Exchange (NYSE) qui se veut le must technologique en matière de transactions financières virtuelles. 45 000 ordinateurs surdoués, connectés par un réseau Ethernet réagissant à la vitesse de 50 microsecondes permettant d’effectuer un ordre de bourse en 10 microseconde. A ce stade, même la distance joue. Se situer à quelques centimètres du dispositif d’échanges électronique fait gagner quelques centaines de millisecondes par rapport à un concurrent plus éloigné et au final quelques millions de dollars.

Pour les bolides de la finance, il n’ y a pas d’excès de vitesse, bien au contraire. On envisage même de leur construire  des « autoroutes » de fibre optiques. Ainsi, sur les 1300 km séparant les bourses de Chicago et de New York, les traders de haute voltige  pourraient  grapiller 3 millièmes de seconde sur une transaction.  On imagine que les gains sont à la hauteur d’un tel chantier estimé à 300 millions de dollars (source : L’échéance, François de Closets ; Ed. Fayard) . 


A visionner pour mieux comprendre :


le trading haute fréquence, mode d'emploi par lesechos

Le tout premier « Bébé-médicament »

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29 août 2000

« Un sauveur est né… »

Si selon la Bible, Adam revendique le titre de tout premier homme, Adam Nash peut revendiquer celui de tout premier humain conçu pour soigner.Cette innovation absolument unique dans le monde du vivant peut-être considéré, soit comme une instrumentalisation de l’être humain, d’où le nom de Bébé-médicament ou de Bébé-instrument, ou comme une avancée sans équivalent pour le bien-être de l’humanité : une toute, toute première fois…de tout premier ordre !

Né pour sauver sa soeur

Tout a commencé aux Etats-Unis, à l’aube du troisième millénaire. Molly, la future sœur aînée d’Adam Nash, âgée de 6 ans, est atteinte d’une maladie « l’anémie de Fanconi, une affection sanguine héréditaire très grave. Seul remède possible : la greffe de cellules souches hématopoïétiques. La solution proposée par Yuri Verlinsky, du département de génétique et de procréation de l’Université de Chicago, fut de sélectionner à partir d’un panel d’embryons conçus par les parents, dans une fécondation in vitro classique, ceux qui ne portaient pas le gêne défectueux. Procédé complété par une recherche de compatibilité immunologique, de type HLA (Human leucocyte antigens ) entre les futurs frères et sœurs.

Ainsi, l’embryon exempt de la maladie affectant Molly et qui était immuno-compatible a été réimplanté dans l’utérus de la mère et donna naissance le 29 août 2000, à Denver dans le Colorado, à Adam Nash, le tout premier bébé à visée thérapeutique de l’histoire. Un bébé comme les autres, si ce n’est que l’objectif initial du projet parental était de disposer de cellules souches histocompatibles en vue de soigner un autre être humain, en l’occurrence de régénérer la moelle osseuse de sa sœur, Molly. , cette première médicale pose de nombreuses questions d’ordre moral, religieux et éthique. Car, pour la toute première fois, la procréation humaine n’est pas uniquement orientée vers la naissance mais chargée « d’une mission », thérapeutique qui finalement n’a rien de naturelle. Depuis, ce procédé est repris à travers le monde, avec évidemment une charge émotionnelle et d’espérance immense.

« Notre espoir », le bébé du double espoir français

L'équipe de l'hopital Antoine-Béclère de Clamart ayant contribué à la naissance d'Umut-Talha, "notre espoir" en turc, avec les professeurs René Frydman et Arnold Munnich. Photo AFP

Le 26 janvier 2011, le petit Umut-Talha ouvre la voie française des bébés-médicament, baptisés plus élégamment, « bébés-docteur » ou « bébés du double espoir » pour reprendre la formule des spécialistes. Comme pour Molly, Umut-Talha est né par fécondation in-vitro après un double diagnostic pré-implantatoire (DPI). Comme pour Molly, celui-ci visait à garantir que le futur nouveau-né serait indemne de la maladie génétique très invalidante (bêta-thalassémie, causant des anémies) dont souffraient les autres enfants de la famille et compatible en tant que donneur.

Cependant, les parents d’Umut-Talha ont laissé la nature effectuer l’ultime choix. En effet, comme l’explique le Professeur René Frydman (voir la seonde vidéo, en fin d’article), parmi les 2 embryons sains sélectionnés, l’un était compatible et l’autre pas pour jouer le rôle de  »bébé-médicament ». Les parents de l’enfant s’en sont remis au hasard ou au doigt de Dieu, comme on voudra. Celui-ci a opté pour l’embryon compatible  Ainsi, le cordon ombilical de ce bébé sauveur, prélevé à sa naissance, pourra servir ultérieurement pour une greffe de sang salvatrice.

Nul ne doute que ces enfants d’un genre nouveau sont conçus avec d’autant plus d’amour que l’on attend beaucoup d’eux. Cela dit, le généticien Axel Khan rappelle [1] que cette approche n’est pas si nouvelle que cela car, auparavant, les parents ayant été affligés par des enfants handicapés ou gravement malade recourraient souvent à faire d’autres enfants « en espérant que le hasard leur serait favorable ».

Avec ces embryons « sur mesure », dans certaine famille on pourra dire : « un sauveur nous est né… » Est-ce un bien pour un mal ou le contraire ? Seule l’Histoire nous le dira.


1 – Interview du professeur Axel Kahn sur Europe 1, 7 février 2011


A visionner pour mieux comprendre :


Le 1er bébé-médicament français est né par BFMTV



Les tout premiers « slides » : l’avènement de l’image

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Posté par fabrice
 

1981

West Slide Story

Cette année là, une page d’histoire se tourne. Cette page est celle d’une page imprimée qui porte les tout premiers « bullets points » entourés d’un cadre que l’on retrouvera plus tard sur les présentations Power Point. Cette page façon « story-board » est, pour la toute première fois, conçue sur ordinateur à l’aide d’un petit programme. Son inventeur Whitfield Diffie, celui-là même qui a conçu le cryptage SSL.

Cette année là, la planète économique est à l’aube d’une révolution qui va transformer le quotidien de centaines de millions de cols blancs à travers le monde et qui va éclairer, du moins est-ce l’objectif affiché, les prises de décisions des élites de tout poils (businness men, hommes politiques, militaires et même quelques ecclésiastiques) grâce à l’adage : une image vaut mille mots.

Une image vaut mille mots

En réalité, cet adage était déjà connu et certains, notamment dans l’enseignement, avait eu recours depuis les années 40, à ce que l’on peut qualifier d’aides visuelles : les fameux transparents projectés à l’aide de non moins célèbres rétro-projecteurs.
Mais l’idée révolutionnaire, issue du concept de Diffie, c’est Bob Daskins qu’il la mettra en pratique en créant en 1987 la toute première version de PowerPoint. Cette idée reposait sur la notion de « WYSIWYG » permettant ainsi au commun des mortels de créer, de manière presque ludique, ses propres présentations sans être un as du développement. Cette première version ne fonctionnait que sur Mac d’Apple, en pointe en matière d’ergonomie. En juillet 1987, Microsoft rachète la technologie Power Point et sortira la version windows 2 ans et demi plus tard.
A partir de là, les slides vont s’incruster dans les réunions puis sur le web avec des variantes humoristiques. Ils pénétreront jusqu’à l’enceinte de l’ONU où Colin Powel tentra de convaincre son assemblée de la présence d’armes de destructions massives en Irak à l’aide d’une série de slides. 

 

« Quand nous aurons compris ce slide, nous aurons gagné la guerre », dixit le Général McChrystal à propos de l’Afghanistan.

Et si une image valait mille maux !

Aujourd’hui, au moins 500 millions de personnes utilisent ce logiciel qui mêle texte, graphique, animation, vidéo ou sons, le tout de manière intuitive et ludique. Chaque jour, 30 millions de présentations sont réalisées (données 2007). Au point, – on devrait dire au power point – que certaines voix s’élèvent pour nous alerter sur le formatage de la pensée. Car le slide a ses propres codes : la règle de 7 ; 7 puces par page, 7 mots par lignes, 7 à 10 pages de présentation, 7 à 10 minutes de présentation.
Le discours est donc réduit, simplifié à l’extrême tout en permettant d’éluder les points délicats. En 2006, un expert en communication graphique, Edward Tufte, a démontré que, en occultant certaines informations essentielles, l’usage de PowerPoint avait sa part de responsabilité dans l’explosion de la navette Columbia de la NASA. Plus récemment, James Mattis, général des Marines soupçonnait PowerPoint de nous rendre stupide tandis que son collègue le général McChrystal a même accusé PowerPoint d’être le principal ennemi de l’armée américaine.

A « bullets » rouges…

Ennemi ou ami, les aides visuelles ont envahi les salles de réunions ou de conférences du monde entier et personne n’imagine désormais une démonstration de quoi que ce soit sans cet outil si populaire qui rassure autant le conférencier que l’assistance dont l’attention ne sera pas trop sollicitée. Comme Check Point Charlie, le Power Point est le passage obligé d’un monde qui prend ses décisions à coups de « bullets ».  Que celui qui n’a jamais senti le vent du « Bullet » lève le doigt…de la souris !


Etapes clés, en moins de 7 bullets !

  • 1980 : Les laboratoire Bell achète la première imprimante Laser Canon controlée par ordinateur pour un coût de l’ordre du million de dollars;
  • 1981, première utilisation d’un programme informatique pour réaliser une présentation ;
  • 1987 : version 1.0 de Power Point, sur Mac ;
  • 25 février 1992 : première utilisation publique d’une présentation Power Point via un ordinateur portable a eu lieu à l’hotel Regina à Paris;
  • 2001 : Le New Yorker consacre un article à PowerPoint : Comment un logiciel édicte nos pensées ?

A regarder pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin qu’une présentation PowerPoint:
 

  • Du danger des présentations PowerPoint – un article de Frédéric Pisani, journaliste indépendant, sur son blog « Transnet » du journal Le Monde.
  • Devez beau, riche et intelligent, avec PowerPoint, Excel et Word – Prenant la suite Microsoft Office comme prétexte, avec le recul de l’expérience, un humour féroce et une mauvaise foi assumée, Rafi Haladjian dénonce la Certitude élevée au rang de vertu cardinale. Il rend surtout grâce à cette Incertitude paisible et décomplexée qui permet de s’adapter en toutes circonstances. Acheteurs et vendeurs de certitudes, personne n’est épargné investisseurs, financiers, commerciaux, consultants, entrepreneurs naïfs ou malhonnêtes… « Beau, riche et intelligent », Rafi Haladjian l’est déjà. En 1994, il fut l’un des pionniers de l’Internet en France. Il est l’un des acteurs les plus visionnaires et les plus iconoclastes du paysage technologique français. (Livre gratuit à télécharger au format PDF)
  • La pensée PowerPoint : Enquête sur ce logiciel qui rend stupide – Qui est aujourd’hui l’ennemi numéro un de l’armée américaine ? Les Talibans ? Al-Qaida ? L’Iran ? Non, l’ennemi, c’est PowerPoint, comme l’a affirmé, en avril 2010, le général des Marines James N. Mattis, selon lequel « PowerPoint nous rend stupides ». Franck Frommer présente la première enquête sur ce logiciel devenu incontournable. L’auteur, qui évolue depuis des années dans la « culture ppt » a visionné des centaines de présentations et analysé en profondeur la « pensée » PowerPoint, avec ses listes à puces, ses formules creuses et sa culture du visuel à tout prix. Où il apparaît que PowerPoint se révèle une puissante machine de falsification et de manipulation du discours, transformant souvent la prise de parole en un spectacle total où la raison et la rigueur n’ont plus aucune place.