jeudi, 09 février 2012

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Archive pour: septembre, 2003

Les premiers bouchers de l’humanité

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Posté par fabrice
 

- 3.4 millions d’années

Premiers succès « des garçons bouchers »

Le festin date de 3,4 millions d’années et a eu lieu dur les collines d’Ethiopie sur le site Dikika dans l’Hadar. Là, ont été retrouvés, en janvier 2009, par Zeresenay Alemseged (California Academy of Sciences), deux os : un fragment de côte d’un ongulé au moins aussi corpulent qu’une vache et un morceau de fémur d’un bovidé de la taille d’une chèvre.

Mais l’important est ailleurs. Ces os ne portent pas la marque habituelle de crocs de prédateurs de fauves mais des incisions. Sans conteste, on est ici face à une opération de débitage réalisée à l’aide d’outils de pierre qui visait à racler la chair et à récupérer la moelle.

Avec cette découverte, les archéologues viennent de tomber sur un os à ronger car cette découverte avance de 800 000 ans l’apparition des tout premiers bouchers de l’humanité.


Ces premiers artisans bouchers sont contemporains de la célèbre Lucy et il se pourrait bien qu’ils soient membres de la même lignée : Australopithecus afarensis. Cependant, il est probable que le maniement précoce d’outils ne soit pas l’apanage d’une seule espèce, comme le pense Yves Coppens, et donc encore moins du genre Homo..

Pour les archéologues, il y en a encore à se mettre sous la dent.


Pour l’ambiance : un clip sans rapport mais pas hors sujet …





A voir et à lire pour aller plus loin :
Et puis… pour passer à l’action :
  • Découpé : un tablier de cuisine qui ne passe pas inaperçu !
  • Couteau de Boucher Maxifil – 17 cm Deglon : LE couteau de boucher ! Faisant appel aux nouvelles technologies de la conception assistée par ordinateur de l’ergonomie et du design, aux techniques de découpe par laser, Déglon imagine et réalise des outils de découpe de plus en plus efficaces et fonctionnels.

Les tout premiers gourmands

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Posté par fabrice
 

Entre – 3 et 2,5 millions d’années

La gourmandise est un vilain défaut mais pas les dino !


Viande et gourmandise font leur entrée sur la scène de l’humanité.

« Avez-vous déjà goûté au porc-épic ? Non ? Alors, venez dîner ce soir. Une fois les épines retirées, vous verrez, c’est un délice. »

Yves Coppens imagine ce dialogue « de fins gourmets » [1] entre les premiers hommes, – les Homo habilis qui font preuve d’une gourmandise toute nouvelle depuis qu’ils ont appris à apprécier la viande.

Lorsque les papilles  s’émoustillent

Et si nous faisions un petit retour en arrière pour comprendre comment les papilles de nos ancêtres se sont progressivement émoustillées.

Deux millions et demi d’années : devant nous, affalé sur le flanc gauche un dinothérium, une sorte d’éléphant doté de défenses inférieures . Autour, une bonne dizaine de chasseurs équipés d’éclats de silex. Ils s’affairent avec acharnement à découper leur proie. Certains mangent leurs morceaux sur place, d’autres les prélèvent pour les manger à l’écart.

Du serpent, de la gazelle et d’autres gibiers, la nourriture à base de viande fait son apparition dans le garde-manger de l’homme du paléolithique vers 3 millions d’années. Si le gibier est petit, il est découpé et rapporté au camp de base, sinon il est dépecé sur place.

Pour les premiers européens, tout est bon et pas uniquement dans le cochon !

homoanteccessor
Illustration de l’Homo antecessor, ayant vécu sur le continent européen avant l’homme de Néandertal, en ayant probablement migré de l’Afrique par le Proche-Orient.

Nous avons progressé à travers le temps. L’image du dinothérium est désormais du passé. Nous voici maintenant, au cœur d’une vaste prairie,  située à la confluence de 2 rivières. Observons cette faune bigarrée qui s’agite : lynx, ours, panthères et quelques hyènes à l’affût.  Sur notre flan nord-ouest,  se dressent des Châtaigniers, genévriers, chênes. Nous sommes dans le nord de la péninsule Ibérique, dans une zone où il fait bon vivre. Il y a de cela un peu moins d’un million d’années (800 000ans) [2].

La nourriture est abondante et variée : chevaux, cerfs, des sangliers et même des rhinocéros. Pourtant, il semblerait qu’elle ne soit pas au goût de tout le monde. Au milieu de restes d’animaux : des enfants, des adolescents et quelques jeunes adultes. Inertes . Ils viennent d’être tués par une bande rivale à coups de couteaux en pierre. Ils seront dépecés sur place.  Pas par rituel, non, par gourmandise.  Un repas gastronomique en quelque sorte.

Pour ces tout premiers européens –car il s’agit des premiers européens-,  était-ce un festin ou un repas ordinaire ? Nul ne le sait. En revanche, ces actes de cannibalisme, sans doute pas les plus anciens, ne semblaient ni isolés ni imposés par la famine car la nourriture était abondante.

L’homme devient omnivore

Manifestement l’homme vient de prendre goût à la viande, sous toutes ses formes.   Il est devenu omnivore, ajoutant aux fruits et végétaux de la viande, crue au début, puis cuite, il y a 500 000 ans. Entre temps, il sera passé par une phase de séchage. Découpage, séchage, masticage, et bien plus tard élevage !

Pour ces cuisiniers en herbe, les premières cuissons ne devaient être pas plus à point qu’au point. La viande était probablement cuite sur des roches chauffées, plus tard, à l’aide d’ustensiles en bois, en pierre, voire en peau.

Pour Yves Coppens, la gourmandise a pu commencer à titiller les premiers hommes lorsque ceux-ci reniflaient les effluves d’animaux en train de rôtir, prisonniers des flammes lors d’incendies de savane.

L’association de l’émergence de la conscience, entre 2,5 millions et 3,5 millions d’années ,et la diversification des pratiques alimentaires vont engendrer les premières formes d’art culinaire, sans qu’on sache trop à l’époque s’il s’agit de l’art ou du cochon, ou plutôt du porc-épic. Il faudra attendre cependant vers les 10 000 ans et les propriétés de la cuisson de l’argile pour goûter aux premiers plats mijotés.

Actualisé le 29 juin 2009

1 – Cette scène, décrite par Yves Coppens, professeur au Collège de France, pour le Nouvel Observateur, remonte à environ 2 millions et demi d’années..

2- Cette évocation de cannibalisme s’inspirent des découvertes faites sur le gisement d’Atapuerca dans le nord de l’Espagne. Elles datent de 800 000 ans, et représentent le premier cas de cannibalisme avéré de l’histoire de l’humanité.  Selon les chercheurs, il ne s’agit d’actes ponctuels mais continu dans le temps. Leurs « auteurs » sont des homo Antecessor, aux traits à la fois archaïques et modernes, ayant précédés l’homme de Néandertal et l’Homo sapiens.


A goûter et à déguster :

  • En téléchargement gratuit : Le grand dictionnaire de cuisine d’Alexandre Dumas. En gourmet et cuisiner émérite, Dumas s’est passionné toute sa vie pour la gastronomie. Durant ses dernières années, il se consacre à la rédaction d’un monumental Dictionnaire de Cuisine, où il entremêle recettes, souvenirs personnels, anecdotes et réflexions en tous genres. Ce Dictionnaire, on s’en doute, est un régal. (merci à www.pitbook.com)
  • Un festin en paroles : Histoire littéraire de la sensibilité gastronomique de l’Antiquité à nos jours, de Jean-François Revel. Il est difficile de se faire une idée précise, palpable, concrète des cuisines du passé. Quel goût avaient les vins que buvaient César ou Horace ? Quelle saveur avaient les ragoûts du Moyen Âge ou les pâtés rabelaisiens ? C’est au détour de mémoires, de correspondances, de romans que Jean-François Revel a retrouvé la trace de ces mets disparus. Une succulente promenade littéraire à travers trois mille ans de souvenirs et de révolutions gastronomiques.
  • OCHA – Observatoire Cniel des Habitudes Alimentaires : Un site ressource sur l’alimentation, les cultures et les comportements alimentaires en relation avec les identités, la santé et les modes de vie.
  • Histoire de l’alimentation. Un récit palpitant (dirigé notamment par Jean-Louis Flandrin, universitaire, spécialiste du goût et de l’alimentation) où les données historiques se mêlent aux comportements alimentaires, aux représentations diététiques et religieuses, aux anecdotes drôles, cocasses, toujours étonnantes, toujours colorées, naturellement savoureuses.

Les tout premiers seins

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Posté par fabrice
 

Vers – 2 millions d’années

Les seins, quels pieds !

Célébritès posant pour le calendrier Pirelli

Il ne faut pas confondre seins et glandes mammaires. Rendons-nous à l’évidence, les seins sont une spécificité du genre humain. En effet, hormis quelques singes comme les bonobos, parmi les mammifères qui sont tous dotés des glandes mammaires, les humains, – et en l’espèce les humaines – sont les seuls à arborer une belle poitrine.

Alors pourquoi ce traitement de faveur ?

Tout d’abord, une petite leçon de choses : les glandes mammaires remplissent une fonctionnalité d’allaitement. Elles sont donc gonflées uniquement durant la période d’allaitement. En dehors de celle-ci, elles apparaissent parfaitement plates. D’ailleurs, chez les primates les glandes mammaires ne se développent jamais avant la première fécondation sauf chez la femme. En revanche, le sein, dont la fonction primaire est identique, est composé de graisse. C’est à cette graisse, englobant la glande mammaire, que l’on doit cette forme ronde qui fait tourner tant de têtes, n’en déplaise à Simone de Beauvoir qui affirme[1] : « les seins, les fesses, la femme peut en faire l’ablation sans inconvénient à n’importe quelle période de sa vie. »

Grâce à cette plastique si particulière et à son positionnement « haut perché », ce sein serait chargé d’une autre mission : stimuler l’appétit sexuel des mâles. C’est ici qu’intervient une autre notion, la bipédie.

Mais quel rapport entre les pieds et les seins ?

Théophile Gautier a écrit : « les seins, deux mappemondes que l’on porte devant soi comme un second fessier ». Et voilà, nous y sommes. Les seins et les fesses seraient donc unis comme frère et sœur pour accrocher le cœur des hommes.

Tout cela ne date pas d’hier. Pour les mammifères lambda qui se déplacent à 4 pattes, leur ligne d’horizon sont les fesses de leur partenaires situées devant eux. Durant la période de fertilité, la vulve de certaines femelles affiche même des signes extérieures pour aguicher le mâle.

Il n’en va pas de même pour ceux qui pratiquent presque exclusivement la bipédie. Les fesses sont situées bien trop bas pour les émoustiller. D’où progressivement la mise en valeur des seins, par la sélection naturelle, plus à même d’accrocher le regard du futur compagnon et d’assurer ainsi la pérennité de l’espèce. De même, pour mieux arborer leurs atours naturels, les femelles deviennent moins poilues, mettant en évidence, seins, bouche (disparition de la barbe) et même les yeux. Le zoologue et éthologue Desmond Morris [2], très décrié par les féministes, observe que les seins de femmes sont bien moins efficaces pour donner la tétée que comme stimulant sexuel[3].

Ainsi, cette transformation, qui va aboutir à une sexualité permanente, ne serait, selon certains spécialistes, que la conséquence d’autres transformations : augmentation de certaines hormones et la fameuse bipédie.

Les seins, le choix de la date !

C’est là que le bas blesse. Actuellement, on ne peut avancer aucune date précise sur l’apparition des seins. On sait cependant que la bipédie est apparue voici probablement 6 millions d’années avec Orrorin, un hominidé découvert en 2000 au Kenya. Elle devient un moyen de locomotion usuel vers 4 millions d’années, comme l’atteste la plus ancienne trace de bipédie : des empreintes d’un adulte accompagné d’un enfant qui marche sur ses pas (3,6 millions d’années, Laetoli/Tanzanie)[2]. Mais, c’est à partir de l’ l’Homo Ergsaster, apparu il y a 1,9 million d’années, que pour la toute première fois la bipédie semble maitrisée.

Si la démarche prend de l’assurance, permettant même, pour la toute première fois, de passer du mode marche au mode course !, rien ne dit que les seins en profitent pour prendre de la consistance…et sauver les apparences.

La déesse (Judée - 750-620 av. JC.) exhibe fièrement ses seins, symbole de fécondité et d'attrait sexuel.

A quels seins se vouer ?

Si l’on ignore encore à quel moment la poitrine commence vraiment à pointer, une chose est sûre, celle-ci figure dans des représentations picturales, il y a 30 000 au Gravettien. Depuis, les seins n’ont cesse de subjuguer nos esprits. Objet de toutes les convoitises, ils représentent souvent notre tout premier contact avec l’extérieur au moment de notre naissance et notre seul moyen de survie à cette période, du moins jusqu’à récemment. Comme le décrit si justement Elisabeth Badinter [4] : « le sein de la femme a appartenu successivement à l’enfant, à l’homme, à la famille, au politique, au psychanalyste, aux commerçants, au pornographe, au médecin, au chirurgien esthétique, avant que les féministes n’en reprennent le contrôle à la fin du siècle dernier. »


[1] « Le deuxième sexe » – Simone De Beauvoir – Edition Folio
[2] « Le singe nu » – Desmond Morris – Edition Livre de poche (1971) – Edition originale : Johathan Cape (1967)
[3] Thèse aussi défendue par Helen Fisher (The sex contract) qui fait du sein un attribut quasi exclusivement sexuel
[4] Préface d’Elisabeth Badinter : « Le sein, une histoire » – Marilyn Yalom – Edition Galaade – 2010


A visionner pour mieux comprendre :
  • « The human sexes » Desmond Morris (en anglais) :

  • Quand les seins envahissent notre quotidien :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Le Singe nu
    Non, déclare le zoologiste Desmond Morris, nous ne sommes pas une espèce nouvelle née du processus de l’évolution, nous sommes toujours des singes. Et il le démontre. Eliminant les sociétés primitives encore existantes comme étant des « ratés de l’évolution », il observe le singe nu moderne, arboricole, sorti des forêts et devenu carnivore, sous l’angle de la sexualité, de l’éducation, de la combativité et de la recherche du confort (où il assimile hardiment la quête des poux chez les primates aux menus propos mondains dans un effet scientifico-comique irrésistible).Pour élaborer cette thèse originale, il lui a suffi d’étudier le comportement humain dans la même optique que celui des animaux, et en utilisant le même vocabulaire. Le résultat est extraordinaire de précision scientifique, de logique… et d’humour.Quand on se regarde dans une glace, après avoir lu ce livre, on ne se voit plus de la même façon.
  • La femme nue
    Le corps de la femme, source de fascination mais aussi d’angoisse, a depuis longtemps été soumis à toutes les transformations imaginables destinées à le rendre plus beau, c’est-à-dire plus conforme aux canons esthétiques du moment. Desmond Morris, explique comment chaque partie de l’anatomie féminine – des cheveux aux pieds, en passant par les joues, les épaules ou encore les hanches – est avant tout le résultat d’une longue évolution, remplissant une fonction biologique mais servant aussi, le plus souvent, de marqueur de l’identité sexuelle. Fort de sa grande expérience en tant qu’observateur de l’animal humain, Desmond Morris mêle les analyses scientifiques aux observations anthropologiques pour mieux déchiffrer le langage mystérieux du corps féminin.
  • Le sein, une histoire
    « Quoi de plus immuable que le sein féminin ? N’a-t-il pas toujours eu pour fonction de contenter l’homme et le bébé ? L’histoire qu’en trace Marilyn Yalom est infiniment plus complexe. Du sein divin du Moyen Âge au sein érotique d’Agnès Sorel, du sein domestique du XVIIe siècle au sein politique de Marianne, du sein commercialisé par l’industrie du soutien-gorge au sein rongé par le cancer ou torturé par le piercing du XXe siècle, le sein de la femme a appartenu successivement à l’enfant, à l’homme, au politique, au psychanalyste, au pornographe, au chirurgien esthétique, avant que les féministes n’en reprennent le contrôle à la fin du siècle dernier. Quelle femme aujourd’hui peut se jouer tout à la fois de la mode, de la séduction et de sa santé ? Histoire à suivre pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit…  »

Les toutes premières marques de tendresse

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- 1,7 million d’années

Et la tendresse, bordel !

Elle répond au doux nom de KNM-ER 1808, c’est une femelle adulte qui a vécu il y a 1 million 700 000 ans, dans une contrée qui correspond au Kenya d’aujourd’hui, sur les bords du lac Turkana. Elle est identifiée comme appartenant à la lignée des Homo erectus, (Homo ergaster, pour certains, correspondant aux plus anciens des Homo erectus).

En quoi mérite-elle notre attention ?

Les fractions de son squelette  témoignent qu’elle a vécu durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois avec une maladie très handicapante : L’hypervitaminose A. Cette maladie provoque d’importantes excroissances osseuses. Elle provient d’ un régime alimentaire surdosé en vitamines A. Les spécialistes pensent qu’elle se nourrissait régulièrement de foie de carnivores. Le foie ne décomposant pas la vitamine A, il présente la particularité de stocker, à la manière d’un entrepôt, cette vitamine. Et comme pour l’alcool, la vitamine A est à consommer avec modération, conseil qu’ hélas ignorait notre protégée  !

Reconstitution de l'Adolescent du Turkana -1,54 million d'années - ElisabethDaybes Musée de la Préhistoire des Eyzies de Tavac

On sait que cette maladie provoque des douleurs horribles et une mort atroce : étourdissements, perte d’équilibre et perte de cheveux, nausées, crampes d’estomac, des nausées et des problèmes d’équilibre, problème de peaux et d’articulation.

Une âme compatissante

Dans ces conditions pour que notre KNM-ER 1808 ait pu survivre durant plusieurs semaines, il ne fait aucun doute que quelqu’un s’est occupé d’elle. Pour la nourrir, lui donner à boire, l’aider à se transporter et la protéger. Sans ce secours, avec les prédateurs, hyènes, lions, chacals et la souffrance, elle n’aurait pas survécu plus de 2 jours. Il s’agit là, du tout premier témoignage de compassion et de tendresse qu’ait connu l’humanité [1].

Au-delà de cette histoire qui peut sembler à l’eau de rose, il apparaît qu’Homo erectus, pour la première fois est capable d’humanité. Et pour cause, il est le précurseur de l’homme moderne, il se situe sur la ligne de démarcation entre les singes et les hommes. Pour certains [2], tout ce qui vient avant lui ressemblait aux singes, tout ce qui vient après, à l’homme.

Le premier de la classe

Homo erectus sera ainsi le premier de la classe dans beaucoup de domaine. Le premier à chasser, à tailler des outils complexes, les célèbres bifaces taillés en forme d’amande qui implique, pour la première fois, une inspiration à réaliser des forme prédéterminées,ce qu’on appelle l’industrie Acheuléenne. Le premier à maitriser le feu, à disposer d’une bipédie contrôlée, à établir des campements, à veiller sur ses proches comme on vient de le voir.

Son apparence devient plus humaine : les mâles mesurent jusqu’à 1,8 m et pèsent 65 kg, tandis que les femelles dépassent les 1,50 mètre ; surtout, leur volume crânien s’accroit de manière importante, passant de 800 cm3 pour les plus anciens à 1100 cm3 pour les derniers représentants.

Ce cerveau est doté pour la première fois d’une aire de Broca, lobe frontal associé au langage. Ce gros cerveau présente des avantages au niveau conceptuel mais, en contre-partie, est très énergivore. Le cerveau d’un homme actuel consomme 20 % de l’énergie nécessaire au fonctionnement du corps humain.

Les premiers Homo erectus apparaissent vers 1,9 million d’années en Afrique de l’est et vont disparaître il y a 100 000 ans. Durant ce long règne, ils vont coloniser différentes régions du globe, à raison d’une quarantaine de km par an. Franchissant pour la toute première fois, montagnes, fleuves, marécages déserts, ils seront les tout premiers globe-trotters de l’histoire et devront s’acclimater à toutes sortes d’environnements. L’Europe, l’Asie et peut-être même le continent australien leurs tendent les bras, tandis qu’eux-mêmes tendent leurs bras vers leurs proches. La tendresse…comme ligne d’horizon.


Les Homos, une grande lignée :

  • Homo habilis : à partir de 2,5 millions d’années, apte à la bipédie, il utilise les premiers ouitls
  • Homo ergaster : ancêtre des homo erectus (parfois les deux étant associés), entre sur scène voici 1,9 million d’années
  • Homo erectus : A partir de 1,8 millions d’années environ, les premiers à envahir le monde, sauf l’Amérique et peut-être l’Australie
  • Homo neanderthalis : issus de l’évolution des homo erectus européens, il apparaît selon les sources entre – 200 000 et 100 000 ans et vont disparaître vers – 33 000 ans.
  • Homo sapiens : apparaît en Afrique, il y a moins de 200 000 ans (150 000 ans selon les sources récentes) et arrive en Europe, voici 40 000 ans, sous la forme de l’homme de Cro-Magnon.
  • Sans compter, les Homo rudolfensis (rattaché désormais aux Kenyanthropes), homo heidelbergensis, homo antecessor


[1] auteurs de «L’homme de Java, Homo erectus », cité dans Une histoire de Tout ou presque – Bill Bryson – Petite bibliothèque Payot
[2] Walker, Alan et Pat Shipman, 1996. La sagesse de l’os, (New York : Alfred Knopf)


A visionner pour mieux comprendre :

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A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Une histoire de tout, ou presque…

    Posez une question, Bryson y répond dans ce livre clair, synthétique, vivant, qui conjugue avec bonheur science et sourire. Vous y apprendrez sans efforts par quels hasards, traits de génie, intuitions, déductions, expérimentations, débats, les hommes en sont arrivés à connaître le monde tel qu’ils le connaissent aujourd’hui. Tout y est (ou presque) de l’histoire des sciences, de notre planète et de l’univers. Un merveilleux compagnon, dont la lecture devrait être recommandée à tous les collégiens… et à leurs parents ! Ce livre a reçu aux États-Unis, en 2004, le prestigieux prix Aventis du meilleur livre de vulgarisation scientifique et, en 2005, le prix Descartes pour la communication scientifique, qui lui a été décerné par l’Union européenne.