380 000 ans après le Big-Bang
Une lueur d’espoir
En dehors de 1515, s’il fallait retenir une seule date historique, c’est celle-ci !
C’est à ce moment, pour la toute, toute première fois que la matière ordinaire, celle qui nous est familière, entre dans la danse avec les tout premiers atomes.
C’est aussi la toute première lueur de l’univers. La lumière, qui parvient enfin à se libérer de la soupe primordiale des particules, peut enfin inonder de son rayonnement l’univers jusqu’alors opaque.
Que s’est-il passé ? La température est tombée à un niveau presque supportable : 4000°. Supportable, du moins pour les atomes. Les noyaux d’hydrogène et d’hélium qui errent depuis plus de 300 000 ans vont capturer tous les électrons. Ces derniers traînent savates dans le brouillard incandescent et opaque de l’époque, tuant le temps en prenant en otage les photons (particules de lumière) qui sont prisonniers de ces particules de matière, comme l’électron.
Cette rafle va avoir le mérite d’éclaircir la situation. Désormais, électrons et protons sont trop occupés à consolider leur vie commune pour chercher des noises aux photons qui vont enfin pouvoir se propager librement dans l’espace.
L’espace peut briller de ses mille feux, l’univers devient pour la première fois visible et le restera. C’est la phase de découplage entre la matière et le rayonnement.
Aujourd’hui, cette toute première image de l’univers nous parvient encore. On l’appelle « le fond diffus cosmologique » ou « rayonnement fossile ». Elle a perdu beaucoup de sa vigueur, rien d’étonnant après un voyage de plus de 13 milliards d’années-lumière. Sa température est de 2,73° K, soit à peine 3 degrés au-dessus du zéro absolu.
Cette image est pourtant terriblement riche d’enseignement. Elle révèle quelques infimes différences de température (de l’ordre de 0,00001%) dont les conséquences sont en revanche incommensurables.
Ces variations témoignent en effet de la présence de « grumeaux » au sein de la matière primitive, grumeaux qui seraient à l’origine de la formation des premières galaxies.
Alors, peut commencer une bien belle histoire…notre histoire.
A voir et à lire pour aller plus loin :
- Un dossier SagaScience du CNRS : Big Bang, des origines de l’Univers aux origines de la vie.
- L’incroyable défi : recréer le “Big-Bang” ! C’est l’objectif du “grand collisionneur d’hadrons” (LHC).
- La plus belle histoire du monde
: les secrets de nos origines, par Hubert Reeves, Yves Coppens, Joël de Rosnay et Dominique Simmonet.
- Avant le big bang
: un livre de Igor et Grichka Bogdanov qui raconte une histoire, pose une question et esquisse une réponse. L’histoire ? C’est, tout simplement, celle de l’origine du monde. Qu’y avait-il ” Avant le Big-bang ” ? La seconde partie du livre pose une question : est-il possible de ” remonter au-delà ? C’est alors que les Bogdanov proposent dans la troisième partie de leur ouvrage, une hypothèse dont la complexité interdit l’exposé succinct.

