vendredi, 24 mai 2019

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers sommeils

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Posté par fabrice
 

Il y a plus de 600 millions d’années

Three jumping sheep

« Histoire à dormir debout »

Pourquoi consacrons-nous un tiers de notre existence à dormir ? Et si le sommeil n’avait pas était conçu pour le confort d’êtres bien-pensants mais pour la survie de simples neurones esseulés à une époque où seuls quelques êtres gélatineux et sans cerveau régnaient en maître ?

Il y a plus de 600 millions d’années, bien avant que des bestioles arpentent les terres du globe, des animaux, dénués de cervelles et même de système nerveux central, tombaient déjà sans doute dans les bras de Morphée.

Cette révélation (voir encart « Dormir comme une méduse ») a de quoi procurer des nuits blanches aux spécialistes car elle remet en cause la plupart de nos théories sur le sujet.

Le sommeil ancestral était sans cerveau

Pourquoi dort-on ? Question qui hante nos nuits des depuis des lustres. Derrière cette question, deux autres emboitent le pas : parmi les êtres vivants, qui dort et quand est apparue cette « envie » de sommeil ?

neurones-sommeil

De récentes découvertes (1) qui s’appuient notamment sur l’étude des habitudes nocturnes de certaines méduses, organismes primitifs, tordent donc le cou aux idées reçues sur l’origine du sommeil.

Le sommeil ne serait pas une exclusivité des cerveaux élaborés et sa fonction ne consisterait pas à trier (du moins pas en priorité) durant la nuit l’information accumulée durant la journée ou à consolider notre mémoire.

Ce serait moins subtil que cela mais tout autant indispensable. Le rôle du sommeil aurait bien un rôle réparateur mais pas comme on l’imaginait, ni au niveau où on l’attendait. Du moins, pas dans sa fonction primaire.

Le sommeil : un rôle protecteur pour les neurones

La clé du mystère se situerait au plus profond de nos neurones. Le sommeil leur permettrait de les préserver d’une augmentation de calcium et de lysolipides dangereuse pour leur survie. Tout simplement !

« Nous avons constaté durant la privation de sommeil (…) une augmentation de calcium intracellulaire qui pourrait devenir toxique. Nous avons aussi détecté pendant l’éveil une augmentation massive des lysolipides, qui menacerait l’intégrité de la membrane des cellules »  explique Mehdi Tafti de l’Université de Lausanne(2).  Selon ce chercheur, un réseau de simples cellules nerveuses cultivées in vitro, présenteraient tous les attributs du sommeil.

Le besoin physiologique de sommeil viserait donc à protéger les cellules neuronales et leur enveloppe, tout simplement. Rien à voir avec une mission beaucoup plus glorieuse de régénération du cerveau.

Le rôle du sommeil s’est complexifié au fil de l’évolution 

sommeil-phases

Cela ne signifie pas pour autant qu’au cours de l’évolution le sommeil ne soit pas vu attribuer des rôles plus nobles chez les êtres développés. Car les effets positifs sont nombreux dans tous les domaines ou presque : le système immunitaire, cardio-vasculaire, ou au niveau des performances physiques et intellectuelles. Toutefois, ces bienfaits ne seraient que secondaires face au rôle primordial du sommeil.

Alors, il y a plusieurs centaines de millions d’années, des cellules nerveuses ont-elles commencé par des petites siestes crapuleuses avant de découvrir les bienfaits de cette technique au point que leurs descendances y consacrent une grande partie de leur existence ?

Nous ne le saurons jamais…même pas en rêve !

Publié le 7 janvier 2018

Dormir comme une méduse

sommeil-meduse-caltech

Tout a commencé par une étude sur les méduses(1). Cet être très primitif est l’un des premiers à disposer de cellules différenciées, comme les cellules nerveuses ou musculaires. Cependant, son système nerveux est archaïque et décentralisé au point que la répartition de ses neurones est diffuse. Sa branche d’évolution s’est séparée de l’ensemble des animaux bilatéraux voici 600 millions d’années.

Malgré ce côté primitif –même le ver C-elegans avec ses 302 neurones est plus complexe, l’étude à démontrer que la méduse éprouvait le besoin de dormir. En ce sens, elle  détient la forme de sommeil la plus ancienne recensée actuellement.

L’étude (3) a démontré que les 3 propriétés-clés du sommeil se retrouvaient chez la méduse : baisse d’activité significative et réversible, réduction de la réactivité face à un stimuli et baisse de tonicité lors privation de sommeil. En outre, la méduse réagit à la mélatonine, l’hormone dite du sommeil.

Mieux, la méduse présente de véritables cycles de sommeil avec une baisse de leur activité pulsatile d’un tiers environ.

 


 Qui dort, dîne…

Que signifie ce dicton populaire ? Une bonne nuit de sommeil serait-elle comparable en terme physiologique à un bon repas ? On retrouve même ce conseil dans des articles très sérieux sur des régimes. Autrement dit : le sommeil = un repas.

En réalité, cela remonte à une coutume hôtelière du XVIIIème siècle. A l’époque, l’aubergiste obligeait le voyageur qui dormait sur place à y consommer également le repas du soir.

Donc « Qui dort dine », était tout simplement l’écriteau à l’attention de la clientèle des auberges de l’époque.


1 – Etude de l’Institut de technologie de Californie (Caltech), mais aussi de l’Université de Wisconsin
2 – Neuroscientifiques à l’Université de Lausanne, propos rapportés par Science & Vie N° 1204, janvier 2018, p61
3 –  Ravi Nath, Généticien moléculaire, Michael Brahms, Claire Bedbrook


A visionner pour mieux comprendre le sommeil :

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