200 millions d’années après le Big-Bang (environ)
Des stars nommées étoiles…
Sans elles où Arthur Rimbaud aurait-il trouvé refuge à ces visions hallucinatoires, comment le Petit Prince aurait-il pu faire rire son ami ?
Elles, se sont les étoiles. Les étoiles qui rient et qui font rire l’ami du Petit Prince ; elles, ce sont aussi les lueurs de la Grande Ourse, l’Auberge de Rimbaud.
Quand elles apparaissent, l’univers est encore tout jeune, un peu plus d’une centaine de millions d’années, peut être moins . La température « extérieure » a déjà énormément baissé : – 200°C. L’univers est alors composé d’un gaz dense d’hydrogène et d’hélium.
On suppose que les étoiles émergent à cette époque à partir de ce gaz primordial qui se condense sous l’effet de la gravitation et allume, çà et là, les toutes premières étoiles de l’univers. On suppose en effet, car les scientifiques hésitent quant au scénario : les étoiles ont-elles précédé les galaxies ou bien ont-elles été enfantées par celles-ci ? Poule ou l’œuf, qui précède qui, l’éternelle question.
Autre interrogation : ces toutes premières étoiles sont-elles frappées de surcharge pondérale, plus de 100 fois la masse du Soleil, comme semblaient le démontrer les modèles récents ou bien de taille plus raisonnable, entre 1 à 10 fois la masse solaire, comme en témoignent dernières simulations ?
Quoi qu’il en soit, elles brillent, ces premières étoiles, même si certaines s’épuisent vite, très vite. Heureusement, la relève est prête, comme l’explique le sujet : les toutes premières galaxies…
Elles vont nous faire tourner la tête…
Une étude publiée en mai 2011 vient de démontrer que les premières étoiles tournaient vite, très vite; 250 fois plus vite que notre soleil. Cette vitesse de rotation élevée a favorisé la « fabrication » d’éléments lourds comme le strontium et l’ yttrium.
Autre découverte, issue cette fois du nouveau télescope spatial Herschel : les étoiles en gestation nichent au sein de filaments de matière qui se forment dans les nuages interstellaires. Curieusement, ces filaments présentent tous la même largeur : 0,3 année-lumière. Cette régularité provient de la vitesse des turbulences qui animent ces filaments, vitesse qui correspond à la vitesse du son (700 km/h) dans ces nuages. Autrement dit, au sein de nuages interstellaires, des turbulences se créent qui s’organisent en filaments qui, eux-mêmes, vont engendrer les étoiles. Ainsi, pour la première fois, grâce au télescope Herschel, les pouponnières d’étoiles commencent à se laisser observer et à livrer leurs secrets.
Mis à jour le 25 juillet 2011
A découvrir pour mieux comprendre :
Réalisation : Jean-Christophe Monferran
Montage : Michel Castre
Crédit images : Institut d’Astrophysique de Paris (CNRS)
© CSI
A voir et à lire pour aller plus loin :
- Un dossier SagaScience du CNRS : Big Bang, des origines de l’Univers aux origines de la vie.
- L’incroyable défi : recréer le « Big-Bang » ! C’est l’objectif du « grand collisionneur d’hadrons » (LHC).
- Vie et mort des étoiles
Entrez, avec ce livre, dans un monde fascinant où l’on apprend, entre autres, que la matière dont nous sommes faits est directement liée au destin des étoiles !
- La plus belle histoire du monde
: les secrets de nos origines, par Hubert Reeves, Yves Coppens, Joël de Rosnay et Dominique Simmonet.
- Simulation de la création des étoiles et des galaxies, (La science enquête, Cité des Sciences et de l’Industrie). Comment l’Univers a-t-il évolué depuis le Big Bang ? Où nous trouvons-nous dans cette immensité spatiale ? Quelques éléments de réponse…
- Poussières d’étoiles
Grand maître dans l’art d’expliquer simplement des choses difficiles, Hubert Reeves a donné de nombreux livres de vulgarisation. Celui-là est sans doute le plus accessible, ne serait-ce que parce qu’il est très illustré. On y voit bien sûr des étoiles et des galaxies, mais aussi des foetus humains, des fleurs et des insectes. La vision universelle de Reeves, en effet, ne se limite pas aux équations de la physique. Elle donne toute sa signification à la grande idée qui émerge de la cosmologie contemporaine : l’unicité de la matière fait que le moindre de nos atomes a, un jour, été créé au sein d’une étoile, et qu’il y retournera un jour.


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